Et soudain, l’ordre de mission tombe : « Lieu d’intervention Karachi »
.
Thomas Büeler nous raconte sa toute première intervention au sein de l’équipe de réponse aux urgences humanitaires (ERU) après les inondations au Pakistan.
.
.
Thomas Büeler
Thomas Büeler travaille comme logisticien de la Croix-Rouge suisse (CRS) depuis près d’un an.
 
 
 
.
Des enfants pakistanais dans une tente
Province de Sind : les eaux ont emporté la maison de ces enfants. Un abri de secours leur a été aménagé sur une digue.
 
 
 
.
.
La Croix-Rouge a fourni des biens de secours à 80 000 sinistrés.
.
.
Thomas Büeler, en quoi a consisté votre mission au Pakistan ?

En principe, une équipe ERU est composée de quatre personnes chargées d’assurer la bonne gestion des biens de secours. Concrètement, elles veillent à ce que les produits de première nécessité – qu’ils soient importés ou qu’ils aient été achetés sur place - arrivent au bon endroit. A cet effet, il faut organiser les transports et gérer correctement les marchandises stockées au dépôt central en les enregistrant dès leur réception. J’étais moi-même responsable de cette tâche à Karachi.

De quels biens de secours avez-vous eu besoin pour cette mission ?

Au Pakistan, nous avons surtout distribué du riz, du sucre et de l’huile, ainsi que des couvertures et des bâches en plastique. Au total, nous avons pu aider 80 000 sinistrés. La majeure partie des produits a été achetée sur place.
.
.
.
village inondé
Dans le sud du Pakistan, plus de 2,5 millions de personnes ont été touchées par les inondations.
 
 
 
.
Des tentes sur une digue
Sans abri pour un temps incertain : le Croissant-Rouge vient en aide aux victimes.
 
 
 
.
.
Les inondations ont rendu les routes impraticables et compliqué les secours.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour votre équipe durant cette intervention ?

Les distances qui nous séparaient des petits campements sur le terrain, c'est-à-dire entre 450 et 800 km. Au début de la mission, juste après les intempéries, on ne pouvait les atteindre que par hélicoptère…

Et vous-même, à quels défis avez-vous été confronté ?

Pour ma part, j’ai eu beaucoup de mal à m’habituer à la taille gigantesque de Karachi. C’est une ville polluée et bruyante, peuplée de quelque 18 millions d’habitants, où la chaleur est pesante. Les premiers temps ont été d’autant plus difficiles que nous n’avons pas eu une seconde pour nous acclimater : quand nous partons en mission, nous devons nous mettre au travail dès notre arrivée.
.
.
.
Les conditions de vie sont extrêmement difficiles : les infrastructures existent mais sont en ruines.
 
 
 
Comment avez-vous vécu le contact avec la population ?
.
J’ai été frappé par l’accueil chaleureux que nous ont offert les habitants partout où nous sommes allés. Les conditions de vie sont extrêmement difficiles : les infrastructures existent mais sont en ruines, le courant est souvent coupé, et le système de canalisations est défectueux. Parallèlement, la population connaît une croissance exponentielle. Certains sont contraints de s’installer dans des régions à risque – et sujettes, notamment, aux inondations.

Interview : Annette Godinez, CRS
Photos: Carsten Lyhne, Croix-Rouge danois
.